A La Rencontre de Moh Dediouf

Moh est un citoyen d’un monde qu’il parcourt des contrées africaines à l’Asie en passant par l’Europe à la rencontre de musiques et d’influences artistiques qu’il découvrait d’abord avec les trente-trois tours de ses oncles, dans la maison familiale de son enfance dakaroise.

Jeune quarantenaire dont le patronyme Diouf, qu’il s’amuse à précéder d’un « de » partitif, est le cachet de son appartenance sénégalaise, Moh est un artiste qui aime s’enraciner tout en s’ouvrant au monde. Son héritage sérère des Buur Sine, il le porte et le transporte dans ses voyages qui sont d’abord pour lui des quêtes humaines.

Moh comme Mohamed de son vrai nom ou peut-être (pour faire un peu de punchline) Mo’ comme « more » en anglais, de ceux qui en veulent toujours plus et savent se dépasser.

Très bon parolier dont le wolof fluide et poétique égale l’aisance de son français, il chante aussi en anglais. Seul artiste francophone à avoir remporté l’International Song Writing Competition à New York dans la catégorie « musiques du monde », il est aussi le seul artiste sénégalais dans la programmation musicale de la coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, sélectionné par Sony Music.

Féru de dialectique et de philosophie, littéraire de formation, celui qui dit faire de la musique au nom de la liberté, une liberté de parole, d’acte et de direction - en sortant son single « Fi Nekhna » en 2016 - pratique aujourd’hui le quatrième art par pure vocation.
 

Car lorsque vous l’écoutez parler, vous entendrez l’homme porté par l’intellect, avide de tout et tenant à cœur de tout comprendre avec ce besoin presque obsessionnel d’interagir avec ce qui l’entoure ici et pourtant ne cesse de l’orienter ailleurs.

  • A l’entendre chanter, c’est comme s’il psalmodiait les prières secrètes de rêves enfouis parfois oubliés. Ses plaintes lyriques lorsqu’elles s’envolent donnent pourtant le frisson comme pour appeler au souvenir de l’âme.

 

  • Résolument panafricaniste, celui qui cherche toujours à proposer une photographie fidèle de ce que représente l’Afrique d’aujourd’hui pour lui et de ce qu’elle peut échanger avec le monde actuel est un militant de ses cultures populaires qu’il ne se lasse de découvrir, revisiter et (re)proposer à la jeunesse africaine auprès de laquelle il s’engage pour l’éducation, notamment.
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  • Militant même s’il s’abstient et repousse les discours moralisateurs, Moh est dans l’action. Il porte le mouvement #4Mandela, un collectif d’artistes et acteurs culturels dont l’ambition est de créer, à leur modeste niveau, une continuité au combat de Nelson Mandela à travers des actions pour l’amélioration de l’éducation et la santé de la jeunesse africaine.

                                                                                       
Celui qui voulait, dans une vie lointaine, devenir médecin cherche aujourd’hui encore des remèdes aux maux qu’il s’est longtemps acharné à –quand bien même- panser avec des mots. 

  • Moh DeDiouf, dans son art, ne s’embarrasse pas trop d’état d’âme et s’il n’a pas peur d’aller loin          pour se déclencher de nouvelles poussées créatives, il n’en lésine pas pour autant ni avec les moyens ni avec le temps.
Ce voyage dans lequel il tient tant à nous embarquer lui a pris près de six ans de préparation. Très bon musicien, il joue de la guitare, du piano et de la percussion. Il compose ses chansons, d’ailleurs il est très prolifique. Parolier très inspiré, interprète audacieux, il est d’abord mélomane avant d’être chanteur. Passionné, exigeant et un tantinet perfectionniste, Moh Dediouf revient aujourd’hui sur le devant de la scène avec un recueil musical de ses voyages et une preuve de plus que les Jambarts (braves combattants) lorsqu’ils partent au loin ne sont pas en fuite mais vont seulement se chercher des forces.


 
 




Texte : @LA GRANDE OURSE 
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